Préraphaélite 1

On peut littéralement passer l’actualité au crible de la psychologie, et ainsi entreprendre une psychanalyse sauvage de la société et des tendances de fond des individualités qui la composent.

Prenons l’exemple de cet article révulsant, sobrement intitulé :

Une île d’immondices au large du Pacifique Nord –

 » 2 fois grand comme l’État américain du Texas, 4 fois la taille du Japon ou celle de la France, ce que l’on nomme « le Grand vortex de plastique » continue sa dérive dans le Pacifique Nord.

Pendant de nombreuses années l’existence de cette plaque de détritus non biodégradables située en surface, mais aussi entre deux eaux, était très peu connue.

Le Projet Kaisei tente maintenant de sensibiliser les grandes multinationales au problème. (…)  »

Suite, pour ceux qui ont l’estomac bien accroché :

http://www.tahitipresse.pf/2010/04/une-ile-d%E2%80%99immondices-au-large-du-pacifique-nord/

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La manière dont nous traitons la planète reflète avec exactitude, quoiqu’au niveau macroscopique, la manière dont nous fonctionnons intimement.

Beaucoup de personnes préfèrent effectivement refouler les informations négatives et inhiber leurs émotions toxiques plutôt que de faire face à leur situation préoccupante et de se confronter à leurs difficultés personnelles et relationnelles.

Malheureusement, comme cet article sur la pollution maritime l’illustre, ce n’est pas parce qu’on ne nie la gravité d’un problème que cela le résout pour autant miraculeusement …

Bien au contraire, la négativité que l’on cherche à évacuer loin de soi, hors de notre regard, s’accumule en nous en créant ce que l’on appelle des complexes – cette masse informe, puante et inquiétante résultant de l’agglutination des immondices évoquée dans l’article.

La mer, l’océan incarne ici notre inconscient, et ce qui la pollue décrit le processus de création de nos névroses, qui sont le résultat de notre refus ou incapacité à remédier aux désorientations et déséquilibres partiels suscités par les évènements déstabilisants de notre existence.

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La psychothérapie est en quelque sorte un processus de filtrage de nos déchets intimes et de recyclage de nos perturbations psychiques …

Elle a pour but d’épurer nos peines, et c’est en assainissant le liquide amniotique de nos émotions dans lequel nous baignons en permanence que nous pourrons réémerger à la surface de nous-même, avec la conscience enfin tranquille, enfin cristalline.

Chacun de nos refoulements et de nos évitements impacte et imprègne douloureusement le moindre de nos gestes et actions quotidiennes, comme l’analyse indirectement ce passage de l’article :

 » Des tortues marines se feraient des abris entre deux eaux et ingèrent du plastique.
M. Woodring confirme en expliquant : « quand une baleine a échoué en Californie, il y a six mois, et que l’on a ouvert ses entrailles, 400 kilos de plastique et de filets ont été découverts« . « 

Ce que nous ne conscientisons pas ou négligeons de prendre en considération nous influence et nous manipule à notre insu, avec pour pour conséquence le fait de brider notre spontanéité, d’appauvrir notre créativité, d’alourdir notre vitalité et d’obscurcir notre humeur.

Ne nous laissons pas croupir intérieurement, gagnons le grand large, explorons nos profondeurs …
Traversons nos déjections fatales pour ressaisir à pleines mains le trésor de nos joyaux.

 

Elsa Prohom –

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