Préraphaélite 3

 

Qu’est-ce que la Conscience ?

C’est une forme de vigilance qui permet d’être branché autant sur la réalité externe (ce qui l’apparenterait à la lucidité & à la perspicacité) que la réalité interne (ce qui l’assimilerait à l’introspection & à la méditation).

A ce titre, la conscience permet l’investigation subjective & objective du monde. Son rôle essentiel est loin d’être univoque, et se révèle à l’usage tant multi-facetté que polyfactoriel, comme nous avons commencé à l’analyser dans l’article « le Moi : 3 formes de Conscience pour un seul Etre« .

Nous allons à présent étudier les différents niveaux de conscience tels que nous les vivons au quotidien sans même … en être conscients ! Tout d’abord, auscultons les diverses modalités de la Conscience Affective.

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A )  Nous commencerons par ses aspects conjoncturels dans la sphère des sentiments, c’est-à-dire dépendant de la nature du lien intime unissant à l’autre.

Nous sommes ici sur le terrain du proverbial « Le coeur a ses raisons que la raison ignore » mais aussi du « Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

–  Au pire, la perception affective occultera complètement les 2 autres formes d’intelligence (respectivement corporelle et intellectuelle), à travers le célèbre « coup de foudre », suivant l’adage que  » l’amour rend aveugle « .

Il s’agit alors de l’amour passion, pouvant aller jusqu’à rendre « fou d’amour », quand on ne risque pas, carrément le « meurtre passionnel », ou le « suicide à 2 ».

Les amours romantiques  désespérés regorgent de ce type d’exemples, où l’orientation de la conscience est tellement exclusive qu’elle en devient morbide : Tristan & Iseult, Roméo & Juliette, …

L’obsession sentimentale & la monomanie affective engendrent un tel rétrécissement du champ de conscience que le fonctionnement de la personne se détourne totalement des autres nécessités vitales & devient pathologique.

–  Mais il existe aussi des amours heureux, où l’on entre en communion avec l’autre sans pour autant se fondre ni s’oublier en lui, sans vouloir l’accaparer ni le posséder …

Nous sommes alors dans la tendre idylle, qui est un état de transe amoureuse susceptible de durer des décennies, si les 2 membres du couple sont complémentaires & restent dans une dynamique d’évolution commune.

C’est cet état de conscience-là auquel rêve l’humanité, sans pour autant généralement chercher à s’en donner les moyens.  🙂

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B )  Nous poursuivrons par la mise en lumière des modalités conjoncturelles de la Conscience Affective dans le domaine des émotions, dont le caractère est aussi sporadique que mutable.

–  Une altération de conscience extravertie courante est par exemple la colère, qui fait « voir rouge ». Ses répercussions sont potentiellement néfastes et dangereuses quand elle mue en rage, mettant ainsi littéralement « hors de soi » … Si elle perdure, on la qualifie alors de tendance hystérique.

–  Les alternances de conscience introverties telles que les crises d’angoisse & la dépression chronique  sont appréhendées comme de véritables troubles du comportement.

Les idées noires, les toxines mentales et le stress aggravé qui sont leur apanage modifient en effet considérablement et durablement notre Conscience Affective.

–  A l’inverse, au mieux, nous connaîtrons ponctuellement des états d’extase, dits de « participation mystique », de « sentiment océanique » ou de « Nirvana », où notre conscience affective s’élargit tellement qu’elle embrasse l’univers !

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C )  D’autres niveaux de Conscience Affective sont structurels, c’est-à-dire intrinsèques à chaque individu. Ils se caractérisent non pas par leur champ d’application personnel mais par leur portée collective, leur dimension en quelque sorte inconditionnelle  ;

dès lors, la notion-phare d’empathie entre en jeu.

 –  Le Psychopathe en est totalement dépourvu ; en tant qu’autiste affectif, il est dépourvu de tout sens moral & considération humaniste, dénué de scrupules & de culpabilité, sans aptitude au remords, cruel & inapte à la douceur, donc naturellement prédisposé aux « crimes contre l’humanité ».

Ce « coeur de pierre » représente entre 5 et 10% de la population.

–  Quant au Pervers narcissique, il est partiellement démuni d’empathie, dans le sens où celle-ci est unilatérale, c’est-à-dire exclusivement mise au service de ses propres intérêts, au détriment de sa victime, la compréhension affective d’autrui n’étant ici qu’un moyen de manipulation émotionnelle pour assouvir des besoins strictement personnels.

Ce « poisson froid » constitue de 10 à 20 % de la population.

–  La personne dite normale pourra s’identifier à son prochain, dans la limite des émotions primaires : joie, peur, humiliation, espoir, détresse, envie, colère, etc.

Elle fait preuve d’une gentillesse de base, mais son dévouement reste relatif car dépendant du bénéfice secondaire qu’elle peut retirer de son implication. Elle compose 60 à 70 % de la population.

–  Enfin, le « Coeur en or » pousse l’empathie jusqu’à sonder les mobiles cachés & l’inconscient de l’autre, dans une quasi-médiumnité et une prescience aigüe de la nature profonde d’autrui, où il « connaît l’autre mieux que lui-même ».

Susceptible de bonté, il fait accessoirement preuve d’esprit de sacrifice si la cause qu’il défend lui paraît « noble » (cf la Passion du Christ). Bon an mal an, il incarne 10 % de la population …

Elsa Prohom –