Ophelia - John William Waterhouse

Beaucoup de personnes, à l’heure actuelle, plongent dans une confusion relationnelle et une perplexité existentielle grandissantes, qui sont des facteurs d’états anxieux prolongés.

Le flot médiatique dans lequel nous sommes noyés, en nous assommant d’images poignantes, de sensations fortes, de flashes émotionnels et de concepts aussi séduisants que simplificateurs à l’extrême, participe largement à cette perte de repères et à ce dérèglement interne.

Car trop de données nuit gravement à la qualité de l’information, qui implique nécessairement un tri et une hiérarchisation faisant cruellement défaut aux médias actuels.

Car trop de vitesse et d’instantanés entrave gravement la compréhension et l’assimilation de la réalité, qui requiert une analyse minutieuse et patiente des forces en jeu, avant d’effectuer une prise de recul salutaire.

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L’article suivant exprime parfaitement cette dislocation de sens effectuée par les mass media, qui abêtissent le public en le désorientant et en le déboussolant sciemment :

GIEC, OMS, Goldman Sachs : les Menteurs sont dans la place, et les gens regardent ailleurs –

 » La polémique sur la burqa et sur l’identité nationale accapare toute l’attention des Français, l’affaire des minarets déchire la Suisse, en Belgique c’est l’obscur dossier BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde) qui s’étend sur la une des journaux et monopolise la petite lucarne,

dans le monde, les fermetures d’usine dont certaines font des bénéfices et les banqueroutes de gouvernements européens font descendre des braves gens dans les rues, la colère et l’incompréhension rongeant leurs cœurs enflammés.

Un maximum d’émotions, un minimum d’explications.

Voici la maxime des gouvernements actuels, et surtout des populations du 21è siècle.

Pendant ce temps, pendant que nous nous enflammons et nous divisons, des experts, des spécialistes, des professionnels règnent, nous spolient, nous mentent, et nous demandent de les croire sans autre forme de procès. (…)

Pour les personnes qui en ont entendu parler, vont-ils plus loin que les communiqués officiels, ou les dossiers des journaux qui appartiennent au système ou les affirmations des organisations mêmes qui emploient ces hommes ?

 La technique du leurre, du chiffon rouge ne date pas d’hier.

La question est : combien de leurres faut-il à l’Homme moderne, civilisé, pour enfin ouvrir les yeux et identifier les vrais dangers, les véritables ennemis ? (…) « 

Suite :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18856

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Les mécanismes de masquage de l’essentiel et de camouflage de la réalité qui s’appliquent au niveau socioéconomique se vérifient aussi à l’échelle de l’individu.

Nous nous laissons accaparer par des urgences généralement matérielles, somme toutes secondaires (aller acheter du lait, faire réparer la connexion à internet, épargner pour partir en vacances, etc),

au lieu de concentrer notre attention sur nos priorités affectives (venir au spectacle scolaire de fin d’année de notre enfant, organiser un tête à tête amoureux avec notre compagne, échanger des confidences avec notre meilleur ami, etc).

Or, ce ne sont pas les choses, aussi utiles ou plaisantes qu’elles soient, qui satisfont notre raison d’être,
c’est notre utilité à l’autre et notre plaisir à le côtoyer qui donnent un sens durable à notre existence …

Notre société matérialiste nous incite au consumérisme, détournant avec avidité notre attention de ce qui remplit notre coeur, et l’accaparant auprès de ce qui vide notre portefeuille.

Evidemment, à la fin de la journée, après nous être laissés séduire par les acquisitions futiles et tenter par les conquêtes superficielles, tout en négligeant de cultiver nos engagements fondamentaux, nous nous sentons tristes et seuls, démunis et désarmés.

Alors, le couteau de l’angoisse vient fouailler nos entrailles.

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De la même façon, sur le plan strictement affectif, nous nous laissons à loisir distraire par les requêtes immédiates et manipuler par les demandes capricieuses de nos proches,

quand nous ne les critiquons pas nous-mêmes sur des points de détail et les agressons sur des aspects secondaires, dans l’objectif inavoué d’éviter d’aborder des problèmes de fond, par crainte d’affronter les enjeux réels de la relation …

Nous faisons des procès d’intention à notre entourage sur des aspects comportementaux bénins ou ponctuels pour mieux paralyser notre introspection et censurer notre investigation sur les problèmes affectifs cruciaux !

Nous devons réapprendre à sortir du tumulte de nos pulsions réactionnelles et de nos impulsions automatiques pour réinvestir notre aptitude à réfléchir et notre capacité au recentrage, loin de la fureur du monde et de la versatilité des choses.

Etre authentique demande du temps et de la disponibilité, une continuité relationnelle dans l’ouverture intime (trouver ce qui est juste),

et s’oppose au mouvement sporadique de la sincérité superficielle (s’attendrir ou s’indigner sans mettre en perspective, au risque de se tromper).

 

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